pierre

Une lecture pour faire entendre la force de cette langue, la vitalité qu’elle contient, la beauté du texte de Jean-Pierre Siméon pour dire l’horreur.
Faire entendre ces mots, ne pas chercher à incarner Vanda mais plutôt se laisser gagner par elle, envahir par elle, en sachant que tôt ou tard on se fera attraper.
Une lecture pour la légèreté qu’elle permet, la rapidité de mise en œuvre, la possibilité qu‘elle offre de se glisser dans n’importe quel lieu, la proximité de l’échange avec le public.

L’histoire

Une femme qui a souffert de la guerre des hommes.
Une femme dans les rues de Paris comme tant d’autres.
Ce soir-là, jetée dans un centre de rétention avec son bébé.
En attendant. Mais quoi ?
Une nuit, seule avec son enfant, elle parle, elle lui parle.
Elle dit en désordre la guerre, l’amour, le vent, Ivo…
Des mots pour testament.
Et ce caillou, seule trace de leur histoire.

pierre

Note d’intention

Dans Le Testament de Vanda, Jean-Pierre Siméon donne la parole à ces invisibles que nous croisons tous les jours, silhouettes fuyantes dans la nuit, silhouettes entraperçues le long du périphérique, corps informes tant ils sont masqués par un amoncellement de vêtements. Et  des visages à peine aperçus, à peine regardés. Des visages qui cachent leur histoire comme un ultime trésor.
Là, nous en découvrons une, une parmi  tous ceux qui cognent à nos portes, qui se cognent à notre indifférence.

Un travail, ça commence avec une série de questions : faut-il choisir d’y répondre,  ou faire percevoir ce point d’interrogation au spectateur ?
Dans l’écriture, il y a des ruptures. Viennent-elles de l’intérieur de Vanda ? Un besoin de respiration ? Une nécessité de laisser du silence ? Une image qui se superpose à une autre dans sa conscience ?
Ou parfois est-ce une irruption du dehors : bruits de ville, de pas dans les couloirs du centre, de cris …
Est-elle totalement assurée de ne pas être dérangée ?
Est-ce une nuit si calme qu’on pourrait les croire abandonner dans ce lieu ?
La fin arrive avec le jour. La promesse de l’aube, dit-on.